Si Stefan Zweig pouvait parler
« Je dois te raconter ma rencontre avec Stefan Zweig à Salzbourg. Je rentrais d’Italie en train vers l’Allemagne. Après avoir téléphoné chez moi pour prévenir, je décide de m’arrêter dans un hôtel flanqué sur la Kapuzinerberg ; je dois te dire, j’ai repris depuis quelques jours la lecture du Monde d’hier ; et puisque, chaque fois que nous ouvrons les livres des morts, nous leur rendons visite, j’ai éprouvé ce besoin d’aller là où Zweig a connu quelques années de paix… »
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La rencontre entre un écrivain qui visite Salzbourg et l’auteur autrichien Stefan Zweig, est l’occasion d’aborder le retour des périls en Europe. Camille de Toledo utilise la figure du fantôme – récurrente dans son œuvre – pour donner la parole à Stefan Zweig sur notre présent et notre avenir à l’heure du réarmement des nations européennes face à la guerre en Ukraine.
Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne et mort en 1942 au Brésil, fait partie de l’intelligentsia autrichienne : écrivain, dramaturge, journaliste et biographe, il a été l’ami de Sigmund Freud, d’Arthur Schnitzler, de Romain Rolland, de Richard Strauss…. Il fuit la montée du nazisme et de l’antisémitisme en 1934 et part se réfugier à Londres, puis au Brésil où il se suicidera avec sa femme Lotte.
Dans son livre testament, Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen – qu’il a expédié à son éditeur la veille de son suicide –, Zweig se fait chroniqueur de l’« âge d’or » de l’Europe et analyse ce qu’il considère comme l’échec d’une civilisation.
Passant du « monde d’hier » à celui d’aujourd’hui, Caille de Toledo s’interroge avec Stefan Zweig :
Comment se battre face à la montée des menaces quand on veut dire non à la guerre ? Quelles leçons tirer du passé ? Comment rester unis face aux soubresauts du temps ? De quelle Europe pouvons-nous rêver ?
Ce court récit nous aide à envisager l’avenir de l’Europe comme une réponse aux inquiétudes du temps et donne à voir comment la littérature peut penser le temps présent.
